À Londres, le défilé Burberry a dévoilé la première collection de son nouveau directeur de création, Riccardo Tisci.
Le 17 est le nombre porte-bonheur de Riccardo Tisci. Pour son tout premier défilé pour Burberry, le directeur de création italien, qui reprenait en mars la succession de Christopher Bailey, a donc choisi la date du lundi 17 septembre, à 17 heures. Convoqués dès 16h dans le quartier de Vauxhall, juste à côté de l'ambassade américaine, les quelque 800 invités sont ponctuels : il était impensable de manquer ce rendez-vous. Ils sont accueillis dans la pénombre d'un immense entrepôt postier en rénovation, métamorphosé pour l'occasion : la moquette est beige, les bancs et les fauteuils art déco sont recouverts de velours. Tout le staff est habillé de noir, les jeunes femmes ont les cheveux tirés en chignon. Rien n'est laissé au hasard.
Quelques jours plus tôt, la boutique phare de Regent Street avait elle-même été entièrement réaménagée par l'ancien directeur artistique de Givenchy. Accueillis par une armada de vendeurs au garde-à-vous, les visiteurs pouvaient déjà découvrir ce nouveau vaisseau amiral drapé de tentures beiges, où seraient installées, dès le défilé commencé, certaines des pièces en édition limitée, proposées pendant 24 heures.
Le nouveau monogramme Burberry, dessiné par Peter Saville, est affiché sur un écran géant. Au coeur du lieu trône une installation monumentale de l'artiste Graham Hudson : un échafaudage au sommet duquel un dispositif informatique permet de faire imprimer son portrait en trois dimensions...

Fauteuils drapés de velours, moquette beige: le podium du défilé Burberry
Du côté de Vauxhall, le défilé n'a pas commencé à 17h17 hélas, mais quelques minutes plus tard : les panneaux qui obscurcissent le toit vitré sont retirés en un clin d'oeil, et comme par magie, la lumière fut. La mode n'en est plus à une métaphore près. Les premières notes de l'hymne mélancolique de Massive Attack, Unfinished Sympathy, fusent : c'est l'un des membres du groupe de trip hop, Robert del Naja, qui a composé la bande-son, à la demande de Riccardo Tisci qui souhaitait ainsi rappeler ses jeunes années d'étudiant londonien à la St Martins School, il y a vingt ans. Partout autour du podium, grands panneaux en papier de riz et en bois se déplacent au rythme du défilé. La démonstration peut commencer. Au premier rang, pas de célébrités, mais la famille du créateur au complet. Car les stars aujourd'hui sont sur le podium : Lily Donaldson, Stella Tennant, Kendall Jenner, Natalia Vodianova font partie des mannequins, ainsi que Mariacarla Boscono, fidèle amie de Riccardo Tisci depuis toujours.

Natalia Vodianova

MariaCarla Boscono
Il y a eu en tout plus de 130 passages : ce n'est pas une collection printemps-été 2019 qui est proposée, mais trois ou quatre, toutes pensées comme un hommage à la culture britannique. Évidemment, les trenchs sont impeccables, brodés de plumes et de perles blanches, gansés d'anneaux dorés comme des piercings, structurés par de larges ceintures comme des obis, taillés dans du crocodile, transformés en capes... Toutes les nuances de beige trouvent leur écho dans de vaporeuses blouses en soie imprimées de motifs vintage, tirés des archives. Le traditionnel imprimé à carreaux a été repensé pour devenir une rayure.

Défilé Burberry par Riccardo Tisci
La collection devrait plaire à un large public : il y a du classique, très beau mais un peu ennuyeux, des jupes plissées travaillées comme des kilts et des imprimés foulard, parfaits pour aller prendre le thé à Buckingham Palace. Et puis des silhouettes un peu plus funky, un peu plus "Tisci" : des mini robes corsetées flanquées de faux-culs, des gros logos à moitié coupés sur des chemises, du vinyle, du cuir, des perfectos sanglés sur la poitrine, quelques touches bondage, des belles robes noires pour aller danser à porter sous des vestes de smoking...

Burberry par Riccardo Tisci

Burberry par Riccardo Tisci
Sur des hommes en costumes, les parapluies sont portés en bandoulière dans le dos, comme des sabres de samouraïs. Les détails sont archi travaillés, les accessoires, de sacs banane en stilettos argentés, s'annoncent comme de futurs best-sellers. Les tailles sont ceinturées de mousquetons et de cadenas. On reconnaît des passeports britanniques arborés au bout d'une chaîne, comme des pendentifs - une référence au Brexit ? Sur un tee-shirt ou un blouson, est imprimée l'inscription "Why did they kill Bambi ?" : sans aucun doute un rappel du film iconique des Sex Pistols, sorti il y a tout juste quarante ans. Mais peut-être aussi du motif qui avait rendu Riccardo Tisci célèbre dans le monde entier, lors de ses années chez Givenchy, imprimé jusqu'à l'obsession sur des sacs et des sweat-shirts. La collection a été baptisée "Kingdom". Chez Burberry, Bambi est mort, vive Tisci.

Riccardo Tisci entouré de ses mannequins, en backstage du défilé Burberry
À Londres, le défilé Burberry a dévoilé la première collection de son nouveau directeur de création, Riccardo Tisci.
Le 17 est le nombre porte-bonheur de Riccardo Tisci. Pour son tout premier défilé pour Burberry, le directeur de création italien, qui reprenait en mars la succession de Christopher Bailey, a donc choisi la date du lundi 17 septembre, à 17 heures. Convoqués dès 16h dans le quartier de Vauxhall, juste à côté de l'ambassade américaine, les quelque 800 invités sont ponctuels : il était impensable de manquer ce rendez-vous. Ils sont accueillis dans la pénombre d'un immense entrepôt postier en rénovation, métamorphosé pour l'occasion : la moquette est beige, les bancs et les fauteuils art déco sont recouverts de velours. Tout le staff est habillé de noir, les jeunes femmes ont les cheveux tirés en chignon. Rien n'est laissé au hasard.
Quelques jours plus tôt, la boutique phare de Regent Street avait elle-même été entièrement réaménagée par l'ancien directeur artistique de Givenchy. Accueillis par une armada de vendeurs au garde-à-vous, les visiteurs pouvaient déjà découvrir ce nouveau vaisseau amiral drapé de tentures beiges, où seraient installées, dès le défilé commencé, certaines des pièces en édition limitée, proposées pendant 24 heures.
Le nouveau monogramme Burberry, dessiné par Peter Saville, est affiché sur un écran géant. Au coeur du lieu trône une installation monumentale de l'artiste Graham Hudson : un échafaudage au sommet duquel un dispositif informatique permet de faire imprimer son portrait en trois dimensions...

Fauteuils drapés de velours, moquette beige: le podium du défilé Burberry
Du côté de Vauxhall, le défilé n'a pas commencé à 17h17 hélas, mais quelques minutes plus tard : les panneaux qui obscurcissent le toit vitré sont retirés en un clin d'oeil, et comme par magie, la lumière fut. La mode n'en est plus à une métaphore près. Les premières notes de l'hymne mélancolique de Massive Attack, Unfinished Sympathy, fusent : c'est l'un des membres du groupe de trip hop, Robert del Naja, qui a composé la bande-son, à la demande de Riccardo Tisci qui souhaitait ainsi rappeler ses jeunes années d'étudiant londonien à la St Martins School, il y a vingt ans. Partout autour du podium, grands panneaux en papier de riz et en bois se déplacent au rythme du défilé. La démonstration peut commencer. Au premier rang, pas de célébrités, mais la famille du créateur au complet. Car les stars aujourd'hui sont sur le podium : Lily Donaldson, Stella Tennant, Kendall Jenner, Natalia Vodianova font partie des mannequins, ainsi que Mariacarla Boscono, fidèle amie de Riccardo Tisci depuis toujours.

Natalia Vodianova

MariaCarla Boscono
Il y a eu en tout plus de 130 passages : ce n'est pas une collection printemps-été 2019 qui est proposée, mais trois ou quatre, toutes pensées comme un hommage à la culture britannique. Évidemment, les trenchs sont impeccables, brodés de plumes et de perles blanches, gansés d'anneaux dorés comme des piercings, structurés par de larges ceintures comme des obis, taillés dans du crocodile, transformés en capes... Toutes les nuances de beige trouvent leur écho dans de vaporeuses blouses en soie imprimées de motifs vintage, tirés des archives. Le traditionnel imprimé à carreaux a été repensé pour devenir une rayure.

Défilé Burberry par Riccardo Tisci
La collection devrait plaire à un large public : il y a du classique, très beau mais un peu ennuyeux, des jupes plissées travaillées comme des kilts et des imprimés foulard, parfaits pour aller prendre le thé à Buckingham Palace. Et puis des silhouettes un peu plus funky, un peu plus "Tisci" : des mini robes corsetées flanquées de faux-culs, des gros logos à moitié coupés sur des chemises, du vinyle, du cuir, des perfectos sanglés sur la poitrine, quelques touches bondage, des belles robes noires pour aller danser à porter sous des vestes de smoking...

Burberry par Riccardo Tisci

Burberry par Riccardo Tisci
Sur des hommes en costumes, les parapluies sont portés en bandoulière dans le dos, comme des sabres de samouraïs. Les détails sont archi travaillés, les accessoires, de sacs banane en stilettos argentés, s'annoncent comme de futurs best-sellers. Les tailles sont ceinturées de mousquetons et de cadenas. On reconnaît des passeports britanniques arborés au bout d'une chaîne, comme des pendentifs - une référence au Brexit ? Sur un tee-shirt ou un blouson, est imprimée l'inscription "Why did they kill Bambi ?" : sans aucun doute un rappel du film iconique des Sex Pistols, sorti il y a tout juste quarante ans. Mais peut-être aussi du motif qui avait rendu Riccardo Tisci célèbre dans le monde entier, lors de ses années chez Givenchy, imprimé jusqu'à l'obsession sur des sacs et des sweat-shirts. La collection a été baptisée "Kingdom". Chez Burberry, Bambi est mort, vive Tisci.

Riccardo Tisci entouré de ses mannequins, en backstage du défilé Burberry
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