LA LISTE DE LA MATINALE
Pour vivre l’ouverture de Séries Mania en direct, on pourra regarder, comme les festivaliers lillois, les premiers épisodes de Drôle, qui ouvrira la manifestation le 18 mars. Ensuite, on peut programmer son propre festival, en compagnie d’héroïnes pas tout à fait héroïques comme Pauline ou Julie.
« Drôle » : le comedy club de Fanny Herrero
Première production issue du contrat que la scénariste et showrunneuse Fanny Herrero a signé avec Netflix, Drôle surprend d’abord par la modestie de son sujet. Après les paillettes et les « guests » de Dix pour cent, il y a quelque chose de rafraîchissant à voir s’ébrouer à l’écran cette poignée de têtes inconnues très « black-blanc-beur », qui se débattent sur scène et en coulisses pour se tailler une place dans le stand-up parisien. Drôle surprend aussi par la présence et la qualité de jeu de ces nouveaux venus, parmi lesquels on reconnaîtra les excellentes Mariama Gueye, souvent vue à la télévision, et Elsa Guedj (Une jeune fille qui va bien).
Dans la peau de Nézir, livreur fauché mais surdoué de la vanne, Younès Boucif est en revanche une révélation. Ils sont quelques-uns des visages du comedy club parisien qui donne son nom à la série, et qui forment à eux tous un panel sur lequel la série s’appuie pour dresser un portrait des vingtenaires d’aujourd’hui. Celui-ci n’est pas forcément plus original qu’un autre mais son écriture premium, son parti pris sociologique et sa mise en scène joyeuse placent d’emblée Drôle largement en tête des productions francophones de Netflix. Il était temps. Audrey Fournier
« Ce que Pauline ne vous dit pas » : Ophélia Kolb seule contre tous
Un peu comme Jérôme Bonnell avec ses délicieuses Herbes hautes, série diffusée en janvier sur Arte, Rodolphe Tissot s’emploie dans Ce que Pauline ne vous dit pas à imaginer ce que peuvent les moyens du cinéma pour les séries françaises. Avec peut-être encore un peu plus d’audace. Le format de cette minisérie en quatre parties laisse plus de temps que d’habitude à l’histoire pour s’installer, ce qui donne à Pauline une sorte de flottement dans sa première demi-heure. Ce n’est qu’au terme du premier épisode que l’on acceptera de suivre cette mère de famille au bout du rouleau, récemment séparée de son mari et soupçonnée d’être impliquée dans sa mort.
Des hésitations, maladresses et faux pas de Pauline face à la police et à la justice se dégage d’abord quelque chose de rugueux, désagréable même, qui rappelle les téléfilms « d’auteur » que l’on entrevoit parfois sur le service public. Mais, une fois débarrassée de cette exposition à la fois fastidieuse et nécessaire, la série prend doucement son envol vers une exploration tout en finesse de la psychologie d’une femme humiliée, en passe de perdre les pédales. Dans le rôle de Pauline, Ophélia Kolb – horripilante, déconcertante – fait des merveilles. Au. F.
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Pour vivre l’ouverture de Séries Mania en direct, on pourra regarder, comme les festivaliers lillois, les premiers épisodes de Drôle, qui ouvrira la manifestation le 18 mars. Ensuite, on peut programmer son propre festival, en compagnie d’héroïnes pas tout à fait héroïques comme Pauline ou Julie.
« Drôle » : le comedy club de Fanny Herrero
Première production issue du contrat que la scénariste et showrunneuse Fanny Herrero a signé avec Netflix, Drôle surprend d’abord par la modestie de son sujet. Après les paillettes et les « guests » de Dix pour cent, il y a quelque chose de rafraîchissant à voir s’ébrouer à l’écran cette poignée de têtes inconnues très « black-blanc-beur », qui se débattent sur scène et en coulisses pour se tailler une place dans le stand-up parisien. Drôle surprend aussi par la présence et la qualité de jeu de ces nouveaux venus, parmi lesquels on reconnaîtra les excellentes Mariama Gueye, souvent vue à la télévision, et Elsa Guedj (Une jeune fille qui va bien).
Dans la peau de Nézir, livreur fauché mais surdoué de la vanne, Younès Boucif est en revanche une révélation. Ils sont quelques-uns des visages du comedy club parisien qui donne son nom à la série, et qui forment à eux tous un panel sur lequel la série s’appuie pour dresser un portrait des vingtenaires d’aujourd’hui. Celui-ci n’est pas forcément plus original qu’un autre mais son écriture premium, son parti pris sociologique et sa mise en scène joyeuse placent d’emblée Drôle largement en tête des productions francophones de Netflix. Il était temps. Audrey Fournier
« Ce que Pauline ne vous dit pas » : Ophélia Kolb seule contre tous
Un peu comme Jérôme Bonnell avec ses délicieuses Herbes hautes, série diffusée en janvier sur Arte, Rodolphe Tissot s’emploie dans Ce que Pauline ne vous dit pas à imaginer ce que peuvent les moyens du cinéma pour les séries françaises. Avec peut-être encore un peu plus d’audace. Le format de cette minisérie en quatre parties laisse plus de temps que d’habitude à l’histoire pour s’installer, ce qui donne à Pauline une sorte de flottement dans sa première demi-heure. Ce n’est qu’au terme du premier épisode que l’on acceptera de suivre cette mère de famille au bout du rouleau, récemment séparée de son mari et soupçonnée d’être impliquée dans sa mort.
Des hésitations, maladresses et faux pas de Pauline face à la police et à la justice se dégage d’abord quelque chose de rugueux, désagréable même, qui rappelle les téléfilms « d’auteur » que l’on entrevoit parfois sur le service public. Mais, une fois débarrassée de cette exposition à la fois fastidieuse et nécessaire, la série prend doucement son envol vers une exploration tout en finesse de la psychologie d’une femme humiliée, en passe de perdre les pédales. Dans le rôle de Pauline, Ophélia Kolb – horripilante, déconcertante – fait des merveilles. Au. F.
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