Le livre confession de Flavie Flament, livrée en pâture à David Hamilton par sa mère, a été adapté pour France 3 : «la Consolation» est diffusé ce mardi soir à 20h55.
Dans «la Consolation», un téléfilm inspiré du livre confession de Flavie Flament, Léa Drucker, 45 ans, incarne avec maestria Gigi, la mère manipulatrice et glaçante de Flavie Flament. La composition de la comédienne donne la chair de poule.
LIRE AUSSI
> Violences faites aux femmes : la mission de Flavie Flament
Avez-vous hésité à vous lancer dans cette adaptation du livre «la Consolation» ?
Léa Drucker.Pas du tout car j'avais déjà travaillé avec la réalisatrice Magaly Richard-Serrano qui est intelligente et subtile. J'avais une grande confiance. Et j'ai beaucoup aimé la façon dont Flavie Flament a raconté son histoire dans son livre, sans pathos, avec sensibilité et une énergie de vie. Enfin, cette mère tellement atypique est un personnage rare.
Avez-vous beaucoup parlé avec Flavie Flament pour le rôle de sa mère ?
Je lui ai posé 2-3 questions pour comprendre ce qui motivait cette mère à emmener sa fille dans cette histoire tragique. J'avais besoin d'éléments pour me connecter au personnage, sans d'emblée le condamner. Cependant, j'ai vite arrêté d'interroger Flavie car je n'osais pas être intrusive. Et il était très important pour la réalisatrice et moi de nous approprier les choses.
Qu'avez-vous perçu de ce personnage ?
Cette femme frustrée rêve de choses qui brillent. Quand elle perçoit le potentiel de séduction de son enfant qu'elle-même n'a pas, un processus se met en marche. Sa fille devient un outil pour réaliser son rêve. Quand elle l'envoie chez un homme le week-end ou qu'elle l'accompagne chez David Hamilton, il y a une sorte de déni. Et elle est prête à faire des compromis, car son obsession du succès est plus forte. Dans le film, elle se regarde dans le rétroviseur et une sorte de culpabilité passe mais très vite. C'est un personnage égocentré, maladif.
Etait-ce éprouvant à jouer ?
On était tous très troublés, notamment quand Flavie est venue au début et lorsque nous avons tourné dans le décor de l'appartement du photographe. On s'est parfois réfugiés dans le rire. La scène qui m'a le plus éprouvée, c'est lorsque mon personnage attend dans la voiture sa fille qu'elle a laissée chez un homme. C'était d'autant plus difficile que le téléfilm n'est ni sentimental ni hystérique : l'exposition des faits est brute.
Quelle peut être la portée du film ?
Il éclaire sur le mécanisme de l'enfant victime d'un prédateur, sur un schéma familial. Le fait que Flavie ait osé raconter son histoire dans son livre a commencé à libérer la parole d'autres victimes. C'est aussi l'histoire d'une jeune fille qui s'est battue pour rétablir une vérité, se reconstruire et se donner une identité de femme.
La diffusion intervient en pleine affaire Weinstein, où des femmes ont dénoncé des agressions sexuelles...
Je suis surprise que cela ait explosé de façon aussi puissante car cela fait si longtemps qu'on ne dit rien. Je ne connais pas une femme à qui il n'est rien arrivé. Or, la femme a été conditionnée à se taire. D'un coup, le couvercle de la cocotte saute. Il faut poursuivre : je crois beaucoup en l'éducation et au travail des structures qui accueillent les victimes.
«La Confession» : sans voyeurisme ni pathos
Poupette, alias Flavie, n'a que 13 ans. Et sa mère a bien remarqué que sa blondinette attirait les regards masculins. Presque une aubaine pour la quadra en quête de gloire, seule façon d'échapper à l'ennui. Régime forcé, concours de beauté... Gigi bichonne sa Poupette. Et la confie le week-end à un homme un tantinet connu ainsi qu'à un photographe de renom pour quelques clichés.Un drame pour l'adolescente, violée par David Hamilton, qui gardera ce secret enfoui pendant vingt-six ans.
Adapté du récit autobiographique de Flavie Flament sorti il y a un an, le téléfilm «la Consolation», ce mardi soir sur France 3 (à 20h55), réussit un pari : éviter le voyeurisme et le pathos. La réalisatrice Magaly Richard-Serrano part de la thérapie entreprise par l'animatrice (interprétée adulte par Emilie Dequenne) et multiplie les flash-back pour raconter la vie familiale, l'emprise d'une mère manipulatrice (formidable Léa Drucker) et remonte jusqu'au traumatisme. Coscénariste, Flavie Flament a veillé aux détails, «livré des clés» aux comédiennes, comme la jeune Lou Gable (16 ans) qui l'incarne adolescente.
Le film sera suivi d'un débat
Sacré au dernier festival de la fiction TV à La Rochelle, le téléfilm sera suivi d'un débat sur le thème «Contre le viol : oser parler pour se reconstruire». Une façon pour la présentatrice de RTL, qui sera sur le plateau, de «provoquer la discussion»... au moment même où l'affaire Weinstein a libéré la parole des victimes de harcèlement sexuel.
NOTE DE LA REDACTION : 4/5
Le livre confession de Flavie Flament, livrée en pâture à David Hamilton par sa mère, a été adapté pour France 3 : «la Consolation» est diffusé ce mardi soir à 20h55.
Dans «la Consolation», un téléfilm inspiré du livre confession de Flavie Flament, Léa Drucker, 45 ans, incarne avec maestria Gigi, la mère manipulatrice et glaçante de Flavie Flament. La composition de la comédienne donne la chair de poule.
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> Violences faites aux femmes : la mission de Flavie Flament
Avez-vous hésité à vous lancer dans cette adaptation du livre «la Consolation» ?
Léa Drucker.Pas du tout car j'avais déjà travaillé avec la réalisatrice Magaly Richard-Serrano qui est intelligente et subtile. J'avais une grande confiance. Et j'ai beaucoup aimé la façon dont Flavie Flament a raconté son histoire dans son livre, sans pathos, avec sensibilité et une énergie de vie. Enfin, cette mère tellement atypique est un personnage rare.
Avez-vous beaucoup parlé avec Flavie Flament pour le rôle de sa mère ?
Je lui ai posé 2-3 questions pour comprendre ce qui motivait cette mère à emmener sa fille dans cette histoire tragique. J'avais besoin d'éléments pour me connecter au personnage, sans d'emblée le condamner. Cependant, j'ai vite arrêté d'interroger Flavie car je n'osais pas être intrusive. Et il était très important pour la réalisatrice et moi de nous approprier les choses.
Qu'avez-vous perçu de ce personnage ?
Cette femme frustrée rêve de choses qui brillent. Quand elle perçoit le potentiel de séduction de son enfant qu'elle-même n'a pas, un processus se met en marche. Sa fille devient un outil pour réaliser son rêve. Quand elle l'envoie chez un homme le week-end ou qu'elle l'accompagne chez David Hamilton, il y a une sorte de déni. Et elle est prête à faire des compromis, car son obsession du succès est plus forte. Dans le film, elle se regarde dans le rétroviseur et une sorte de culpabilité passe mais très vite. C'est un personnage égocentré, maladif.
Etait-ce éprouvant à jouer ?
On était tous très troublés, notamment quand Flavie est venue au début et lorsque nous avons tourné dans le décor de l'appartement du photographe. On s'est parfois réfugiés dans le rire. La scène qui m'a le plus éprouvée, c'est lorsque mon personnage attend dans la voiture sa fille qu'elle a laissée chez un homme. C'était d'autant plus difficile que le téléfilm n'est ni sentimental ni hystérique : l'exposition des faits est brute.
Quelle peut être la portée du film ?
Il éclaire sur le mécanisme de l'enfant victime d'un prédateur, sur un schéma familial. Le fait que Flavie ait osé raconter son histoire dans son livre a commencé à libérer la parole d'autres victimes. C'est aussi l'histoire d'une jeune fille qui s'est battue pour rétablir une vérité, se reconstruire et se donner une identité de femme.
La diffusion intervient en pleine affaire Weinstein, où des femmes ont dénoncé des agressions sexuelles...
Je suis surprise que cela ait explosé de façon aussi puissante car cela fait si longtemps qu'on ne dit rien. Je ne connais pas une femme à qui il n'est rien arrivé. Or, la femme a été conditionnée à se taire. D'un coup, le couvercle de la cocotte saute. Il faut poursuivre : je crois beaucoup en l'éducation et au travail des structures qui accueillent les victimes.
«La Confession» : sans voyeurisme ni pathos
Poupette, alias Flavie, n'a que 13 ans. Et sa mère a bien remarqué que sa blondinette attirait les regards masculins. Presque une aubaine pour la quadra en quête de gloire, seule façon d'échapper à l'ennui. Régime forcé, concours de beauté... Gigi bichonne sa Poupette. Et la confie le week-end à un homme un tantinet connu ainsi qu'à un photographe de renom pour quelques clichés.Un drame pour l'adolescente, violée par David Hamilton, qui gardera ce secret enfoui pendant vingt-six ans.
Adapté du récit autobiographique de Flavie Flament sorti il y a un an, le téléfilm «la Consolation», ce mardi soir sur France 3 (à 20h55), réussit un pari : éviter le voyeurisme et le pathos. La réalisatrice Magaly Richard-Serrano part de la thérapie entreprise par l'animatrice (interprétée adulte par Emilie Dequenne) et multiplie les flash-back pour raconter la vie familiale, l'emprise d'une mère manipulatrice (formidable Léa Drucker) et remonte jusqu'au traumatisme. Coscénariste, Flavie Flament a veillé aux détails, «livré des clés» aux comédiennes, comme la jeune Lou Gable (16 ans) qui l'incarne adolescente.
Le film sera suivi d'un débat
Sacré au dernier festival de la fiction TV à La Rochelle, le téléfilm sera suivi d'un débat sur le thème «Contre le viol : oser parler pour se reconstruire». Une façon pour la présentatrice de RTL, qui sera sur le plateau, de «provoquer la discussion»... au moment même où l'affaire Weinstein a libéré la parole des victimes de harcèlement sexuel.
NOTE DE LA REDACTION : 4/5
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