Le temps est donc venu où la critique d’un film de Woody Allen ne peut à son tour être envisagée sans « appareillage » approprié. En d’autres termes, l’affaire Weinstein rattrape l’auteur de Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander (1972) à l’heure où son nouveau film, Wonder Wheel, sort sur les écrans. Sa fille adoptive, Dylan Farrow, vient de réitérer, dans un entretien accordé le 17 janvier à la chaîne américaine CBS, les accusations d’abus sexuel portées de longue date contre son père, qui n’a jamais cessé de les démentir.
Le recours à l’entretien télévisé associé au moment historique a suscité une vague de réactions. Critiques rompant avec le cinéaste, actrices promettant de boycotter le réalisateur, spectacle musical inspiré d’un de ses films annulé à Broadway, acteurs de son prochain opus, A Rainy Day in New York, versant leur salaire à l’association anti-harcèlement Time’s Up, quand Amazon, producteur dudit film, envisage d’en supprimer la sortie.
Divorce conflictuelAprès l’effacement de Kevin Spacey de Tout l’argent du monde, de Ridley Scott, ou l’élimination de l’acteur James Franco en « une » du dernier numéro de Vanity Fair consacré à Hollywood, cette radicalité des réactions, tant de la part des studios, de certains acteurs que d’une partie du public, pose question. Est-elle fondée sur le sens de la justice ou sur la nécessité d’un châtiment d’autant plus justifié qu’il s’applique à des personnalités réputées intouchables ?
Sans minorer la gravité de l’accusation (engageant le soupçon de pédophilie et d’inceste) et la douleur de la victime supposée, il y a pourtant loin du cas Weinstein, systémique et avéré, au cas Allen, qui s’enracine dans le divorce conflictuel du cinéaste d’avec Mia Farrow dans les années 1990, alors qu’il entamait une liaison avec Soon-Yi Previn, autre fille adoptive,...
Read AgainLe temps est donc venu où la critique d’un film de Woody Allen ne peut à son tour être envisagée sans « appareillage » approprié. En d’autres termes, l’affaire Weinstein rattrape l’auteur de Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander (1972) à l’heure où son nouveau film, Wonder Wheel, sort sur les écrans. Sa fille adoptive, Dylan Farrow, vient de réitérer, dans un entretien accordé le 17 janvier à la chaîne américaine CBS, les accusations d’abus sexuel portées de longue date contre son père, qui n’a jamais cessé de les démentir.
Le recours à l’entretien télévisé associé au moment historique a suscité une vague de réactions. Critiques rompant avec le cinéaste, actrices promettant de boycotter le réalisateur, spectacle musical inspiré d’un de ses films annulé à Broadway, acteurs de son prochain opus, A Rainy Day in New York, versant leur salaire à l’association anti-harcèlement Time’s Up, quand Amazon, producteur dudit film, envisage d’en supprimer la sortie.
Divorce conflictuelAprès l’effacement de Kevin Spacey de Tout l’argent du monde, de Ridley Scott, ou l’élimination de l’acteur James Franco en « une » du dernier numéro de Vanity Fair consacré à Hollywood, cette radicalité des réactions, tant de la part des studios, de certains acteurs que d’une partie du public, pose question. Est-elle fondée sur le sens de la justice ou sur la nécessité d’un châtiment d’autant plus justifié qu’il s’applique à des personnalités réputées intouchables ?
Sans minorer la gravité de l’accusation (engageant le soupçon de pédophilie et d’inceste) et la douleur de la victime supposée, il y a pourtant loin du cas Weinstein, systémique et avéré, au cas Allen, qui s’enracine dans le divorce conflictuel du cinéaste d’avec Mia Farrow dans les années 1990, alors qu’il entamait une liaison avec Soon-Yi Previn, autre fille adoptive,...
Bagikan Berita Ini
0 Response to "« Wonder Wheel » : Woody Allen, l'art de l'intimité transfigurée"
Post a Comment