La ministre de la Culture Françoise Nyssen dévoile ce lundi les premières propositions de réforme de l'audiovisuel public, un cocktail d'économies et de réorganisations voulu par l'Élysée pour fin 2018, et qui inquiète déjà les syndicats.
Le gouvernement s'apprête à bousculer l'organisation et le fonctionnement des différentes chaînes d'État, avec une réforme qui vise à créer plus de synergies entre les groupes France Télévision, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI), l'INA, Arte et TV5 Monde. Présidence unique pour tous les médias publics, suppression ou fusion de France 4 avec France 5, réforme du CSA... L'exécutif cherche à réaliser des économies, estimées entre 250 et 500 millions d'euros d'ici à 2022, principalement à France Télévisions, selon la presse, sur un budget total de 3,9 milliards d'euros en 2018. La préparation de cette réforme mobilise depuis le début de l'année les services du ministère de la Culture, de Matignon, des parlementaires, mais aussi les patrons et cadres des groupes concernés, pour essayer d'améliorer les résultats d'un secteur public qu'Emmanuel Macron aurait qualifié de «honte de la République» en décembre 2017.
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Suppressions et fusions de médias
Le «scénario d'anticipation» pour l'audiovisuel public sera dévoilé à la presse à 11 heures par Françoise Nyssen, une présentation prévue dans un premier temps à Matignon. La ministre sera entourée de Delphine Ernotte (France Télévisions), Sibyle Veil (Radio France), Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde), Véronique Cayla (Arte France), Laurent Vallet (INA) et Yves Bigot (TV5 Monde). Plusieurs hypothèses ont circulé, notamment après la fuite d'un document de travail fin 2017: suppression de France Ô ou de France 4, fusion de France 4 et France 5, basculement vers le numérique de France 4, ou fusion de France 3 et France Bleu (des rapprochements sont déjà en cours autour des matinales, selon les syndicats). L'idée d'une gouvernance commune ou la redevance universelle, payée même par ceux qui n'ont pas de télévision, seraient d'autres pistes possibles. Dans un entretien vidéo à L'Opinion, Gabriel Attal, député LREM proche d'Emmanuel Macron et chargé du dossier à l'Assemblée, a notamment estimé qu'il fallait «regarder» le pouvoir de nomination du CSA et «travailler sur la question des territoires», en trouvant «plus de synergies entre France 3 Régions et France Bleu». Le parlementaire plaide pour la création d'une holding de l'audiovisuel public, avec un directeur non exécutif global chapeautant des directeurs exécutifs dans chaque groupe. Selon Les Échos, le gouvernement ses serait largement inspiré de l'exemple britannique de la BBC.
Françoise Nyssen pourrait cependant se contenter de livrer des objectifs sans détail sur le plan de réorganisation pour le moment. Une mission pour préciser les objectifs et les moyens devrait être confiée à Catherine Smadja (du ministère de la culture), Marc Tessier (ancien président de France TV), Isabelle Giordano (de chez UniFrance), Claire Leproust (Fablabchannel) et Frédéric Lanica (ancien directeur du CSA).
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Réorganiser les structures sans brusquer les syndicats
Gabriel Attal a également souligné lors de son entretien que le gouvernement devrait se pencher sur «les questions sociales pour dégager des moyens qui permettent d'investir dans des contenus». Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait défendu un rapprochement des groupes de l'audiovisuel public et un assouplissement des règles du financement publicitaire, en concentrant les moyens sur des chaînes moins nombreuses. Ces annonces inquiètent déjà la plupart des syndicats des groupes publics. «L'audiovisuel public sera-t-il la prochaine ZAD?», s'interroge la CGT de France Télévisions. Le syndicat estime en effet que «la demande pressante d'économies voulue par le gouvernement n'épargnera pas le modèle social si laborieusement construit à France Télévisions».
La ministre de la Culture Françoise Nyssen dévoile ce lundi les premières propositions de réforme de l'audiovisuel public, un cocktail d'économies et de réorganisations voulu par l'Élysée pour fin 2018, et qui inquiète déjà les syndicats.
Le gouvernement s'apprête à bousculer l'organisation et le fonctionnement des différentes chaînes d'État, avec une réforme qui vise à créer plus de synergies entre les groupes France Télévision, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI), l'INA, Arte et TV5 Monde. Présidence unique pour tous les médias publics, suppression ou fusion de France 4 avec France 5, réforme du CSA... L'exécutif cherche à réaliser des économies, estimées entre 250 et 500 millions d'euros d'ici à 2022, principalement à France Télévisions, selon la presse, sur un budget total de 3,9 milliards d'euros en 2018. La préparation de cette réforme mobilise depuis le début de l'année les services du ministère de la Culture, de Matignon, des parlementaires, mais aussi les patrons et cadres des groupes concernés, pour essayer d'améliorer les résultats d'un secteur public qu'Emmanuel Macron aurait qualifié de «honte de la République» en décembre 2017.
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Suppressions et fusions de médias
Le «scénario d'anticipation» pour l'audiovisuel public sera dévoilé à la presse à 11 heures par Françoise Nyssen, une présentation prévue dans un premier temps à Matignon. La ministre sera entourée de Delphine Ernotte (France Télévisions), Sibyle Veil (Radio France), Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde), Véronique Cayla (Arte France), Laurent Vallet (INA) et Yves Bigot (TV5 Monde). Plusieurs hypothèses ont circulé, notamment après la fuite d'un document de travail fin 2017: suppression de France Ô ou de France 4, fusion de France 4 et France 5, basculement vers le numérique de France 4, ou fusion de France 3 et France Bleu (des rapprochements sont déjà en cours autour des matinales, selon les syndicats). L'idée d'une gouvernance commune ou la redevance universelle, payée même par ceux qui n'ont pas de télévision, seraient d'autres pistes possibles. Dans un entretien vidéo à L'Opinion, Gabriel Attal, député LREM proche d'Emmanuel Macron et chargé du dossier à l'Assemblée, a notamment estimé qu'il fallait «regarder» le pouvoir de nomination du CSA et «travailler sur la question des territoires», en trouvant «plus de synergies entre France 3 Régions et France Bleu». Le parlementaire plaide pour la création d'une holding de l'audiovisuel public, avec un directeur non exécutif global chapeautant des directeurs exécutifs dans chaque groupe. Selon Les Échos, le gouvernement ses serait largement inspiré de l'exemple britannique de la BBC.
Françoise Nyssen pourrait cependant se contenter de livrer des objectifs sans détail sur le plan de réorganisation pour le moment. Une mission pour préciser les objectifs et les moyens devrait être confiée à Catherine Smadja (du ministère de la culture), Marc Tessier (ancien président de France TV), Isabelle Giordano (de chez UniFrance), Claire Leproust (Fablabchannel) et Frédéric Lanica (ancien directeur du CSA).
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Réorganiser les structures sans brusquer les syndicats
Gabriel Attal a également souligné lors de son entretien que le gouvernement devrait se pencher sur «les questions sociales pour dégager des moyens qui permettent d'investir dans des contenus». Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait défendu un rapprochement des groupes de l'audiovisuel public et un assouplissement des règles du financement publicitaire, en concentrant les moyens sur des chaînes moins nombreuses. Ces annonces inquiètent déjà la plupart des syndicats des groupes publics. «L'audiovisuel public sera-t-il la prochaine ZAD?», s'interroge la CGT de France Télévisions. Le syndicat estime en effet que «la demande pressante d'économies voulue par le gouvernement n'épargnera pas le modèle social si laborieusement construit à France Télévisions».
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