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Le réalisateur Joel Schumacher est mort - Le Monde

Le réalisateur Joel Schumacher lors du Festival du film de Rome, en novembre 2011.

Ses films furent représentatifs de la tentation décorative et maniérée d’un cinéma hollywoodien qui n’hésitait pas à revêtir les mythes les plus archaïques de la culture américaine d’un habillage effleurant parfois le kitsch. La filmographie de Joel Schumacher, riche en ce que l’on peut qualifier parfois de plaisirs coupables, est emblématique d’un moment où l’apparence s’est mise à supplanter la substance. Bref, tout ça a commencé dans les années 1980.

Le cinéaste est mort à New York des suites d’un cancer, lundi 22 juin, à l’âge de 80 ans. Il y était né, le 29 août 1939. Joel Schumacher s’oriente d’abord dans la mode et la création de vêtements après avoir étudié à la Parsons New School of Design, puis au Fashion Institute of Technology de New York. Devenu décorateur d’intérieur, il part s’installer à Los Angeles, désireux de percer dans le cinéma. Il travaille sur les costumes de plusieurs films, dont Les Choses de l’amour, de Paul Mazurski, et Les Invitations dangereuses, de Herbert Ross, tous les deux en 1973. Il collabore à deux reprises avec Woody Allen pour Woody et les robots, en 1973, et Intérieurs, en 1978.

Sa première réalisation pour le cinéma est The Incredible Shrinking Woman (La femme qui rétrécit), en 1981, une comédie avec Lily Tomlin parodiant le roman de Richard Matheson, L’homme qui rétrécit. St. Elmo’s Fire, en 1985, avec Demi Moore, est le portrait choral d’un groupe de jeunes gens. Génération perdue, son premier film à avoir été distribué en France (1987), met en scène une bande d’adolescents qui s’avère être une horde de vampires new look.

L’Expérience interdite, en 1990, avec Kiefer Sutherland et Julia Roberts, décrit un groupe d’étudiants en médecine se livrant à des expérimentations dangereuses, en s’approchant le plus possible d’un état de mort clinique pour y éprouver des sensations inédites. Ce scénario « frankensteinien » se voit enrobé d’une direction artistique surchargée par des trouvailles bizarres, comme ces floraisons de rideaux de plastique transparents, flottant au vent dans des décors désolés.

L’effet de surprise provoqué par Génération perdue est désormais passé et les critiques du film sont mitigées. Le mélodrame Le Choix d’aimer avec Julia Roberts, en 1991, est suivi de Chute libre, en 1993, qui est sélectionné en compétition au Festival de Cannes. Un Américain moyen, cadre à bout de nerfs, pète les plombs et résout ses frustrations à coups de pistolet-mitrailleur. Porté par un Michael Douglas déchaîné, le film se heurte à des critiques lui reprochant une sorte d’apologie de la violence et de la justice personnelle. Ce ne sera pas la dernière fois que ce reproche sera émis à l’encontre des films de Schumacher.

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Le réalisateur Joel Schumacher lors du Festival du film de Rome, en novembre 2011.

Ses films furent représentatifs de la tentation décorative et maniérée d’un cinéma hollywoodien qui n’hésitait pas à revêtir les mythes les plus archaïques de la culture américaine d’un habillage effleurant parfois le kitsch. La filmographie de Joel Schumacher, riche en ce que l’on peut qualifier parfois de plaisirs coupables, est emblématique d’un moment où l’apparence s’est mise à supplanter la substance. Bref, tout ça a commencé dans les années 1980.

Le cinéaste est mort à New York des suites d’un cancer, lundi 22 juin, à l’âge de 80 ans. Il y était né, le 29 août 1939. Joel Schumacher s’oriente d’abord dans la mode et la création de vêtements après avoir étudié à la Parsons New School of Design, puis au Fashion Institute of Technology de New York. Devenu décorateur d’intérieur, il part s’installer à Los Angeles, désireux de percer dans le cinéma. Il travaille sur les costumes de plusieurs films, dont Les Choses de l’amour, de Paul Mazurski, et Les Invitations dangereuses, de Herbert Ross, tous les deux en 1973. Il collabore à deux reprises avec Woody Allen pour Woody et les robots, en 1973, et Intérieurs, en 1978.

Sa première réalisation pour le cinéma est The Incredible Shrinking Woman (La femme qui rétrécit), en 1981, une comédie avec Lily Tomlin parodiant le roman de Richard Matheson, L’homme qui rétrécit. St. Elmo’s Fire, en 1985, avec Demi Moore, est le portrait choral d’un groupe de jeunes gens. Génération perdue, son premier film à avoir été distribué en France (1987), met en scène une bande d’adolescents qui s’avère être une horde de vampires new look.

L’Expérience interdite, en 1990, avec Kiefer Sutherland et Julia Roberts, décrit un groupe d’étudiants en médecine se livrant à des expérimentations dangereuses, en s’approchant le plus possible d’un état de mort clinique pour y éprouver des sensations inédites. Ce scénario « frankensteinien » se voit enrobé d’une direction artistique surchargée par des trouvailles bizarres, comme ces floraisons de rideaux de plastique transparents, flottant au vent dans des décors désolés.

L’effet de surprise provoqué par Génération perdue est désormais passé et les critiques du film sont mitigées. Le mélodrame Le Choix d’aimer avec Julia Roberts, en 1991, est suivi de Chute libre, en 1993, qui est sélectionné en compétition au Festival de Cannes. Un Américain moyen, cadre à bout de nerfs, pète les plombs et résout ses frustrations à coups de pistolet-mitrailleur. Porté par un Michael Douglas déchaîné, le film se heurte à des critiques lui reprochant une sorte d’apologie de la violence et de la justice personnelle. Ce ne sera pas la dernière fois que ce reproche sera émis à l’encontre des films de Schumacher.

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