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Pause séries : « Peaky Blinders », RIP, ou presque - Le Monde

Thomas Shelby (Cillian Murphy), dans la saison 6 de « Peaky Blinders ».

CHRONIQUE

En apprenant, il y a quelques semaines, que la sixième et ultime saison de Peaky Blinders serait mise en ligne par Netflix le 10 juin, j’ai entrepris de combler l’une des innombrables lacunes de ma culture sérielle. De canapé en trains à grande vitesse, de tablette en moniteur grand format, trente-six épisodes, et à peu près autant d’heures, ont passé et je peux maintenant ajouter cette expérience – l’absorption rapide de l’intégralité d’une série – à mon curriculum vitæ.

Commençons par la fin, avant d’essayer de cerner l’objet enfin révélé par cette conclusion.

La sixième saison de Peaky Blinders aurait dû être l’avant-dernière. Steven Knight, le créateur de la série (et du jeu télévisé « Qui veut gagner des millions ? ») projetait de conclure l’histoire de cette organisation criminelle de Birmingham en ajoutant six épisodes situés au moment de la déclaration de guerre de 1939. La première saison de Peaky Blinders, diffusée par la BBC en 2013 (et en France par Arte en 2015) commençait au lendemain de l’armistice de 1918.

La pandémie de Covid-19 et la mort, en avril 2021, de l’actrice Helen McCrory, interprète de l’un des principaux personnages, à la veille du tournage de la sixième saison, en ont décidé autrement. L’histoire de Thomas Shelby, le parrain rom devenu notable travailliste, s’arrête donc en 1934. Il lui manque encore un épilogue, et le plan ultime du dernier épisode ménage une porte de sortie à la saga et à son protagoniste. Steven Knight a rendu public le projet d’un long-métrage qui permettrait enfin à son héros d’accomplir tout à fait sa mission, de choisir une bonne fois pour toutes entre ses deux natures, la diabolique et l’angélique.

Bain de sang

En attendant cette hypothétique conclusion, il faut se contenter de cette sixième saison, qui commence au moment de l’abrogation de la Prohibition aux Etats-Unis (Thomas Shelby est alors à Miquelon, plaque tournante du trafic d’alcool, où il espère restructurer ses activités autour du commerce des stupéfiants) et se termine plus de deux ans plus tard, en 1936 (Thomas Shelby, retiré du monde, apprend le mariage de son némésis, le dirigeant fasciste britannique Oswald Mosley, avec Diana Mitford, en présence de Joseph Goebbels et d’Adolf Hitler).

Cet usage des repères historiques montre que Peaky Blinders n’a pas changé de cours : les convulsions du monde sont là pour servir la dramaturgie de la série, faite de dilemmes moraux exprimés en termes simples, généralement résolus dans un bain de sang. Ce qui nécessite de nombreuses approximations. Dès la première saison, Winston Churchill se voyait attribuer un poste ministériel qu’il n’occupait pas en 1919. Cette fois, il est question de cocktail Molotov, en 1935, alors que le terme est apparu au moment de la guerre entre la Finlande et la Russie, quatre ans plus tard.

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Thomas Shelby (Cillian Murphy), dans la saison 6 de « Peaky Blinders ».

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La sixième saison de Peaky Blinders aurait dû être l’avant-dernière. Steven Knight, le créateur de la série (et du jeu télévisé « Qui veut gagner des millions ? ») projetait de conclure l’histoire de cette organisation criminelle de Birmingham en ajoutant six épisodes situés au moment de la déclaration de guerre de 1939. La première saison de Peaky Blinders, diffusée par la BBC en 2013 (et en France par Arte en 2015) commençait au lendemain de l’armistice de 1918.

La pandémie de Covid-19 et la mort, en avril 2021, de l’actrice Helen McCrory, interprète de l’un des principaux personnages, à la veille du tournage de la sixième saison, en ont décidé autrement. L’histoire de Thomas Shelby, le parrain rom devenu notable travailliste, s’arrête donc en 1934. Il lui manque encore un épilogue, et le plan ultime du dernier épisode ménage une porte de sortie à la saga et à son protagoniste. Steven Knight a rendu public le projet d’un long-métrage qui permettrait enfin à son héros d’accomplir tout à fait sa mission, de choisir une bonne fois pour toutes entre ses deux natures, la diabolique et l’angélique.

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En attendant cette hypothétique conclusion, il faut se contenter de cette sixième saison, qui commence au moment de l’abrogation de la Prohibition aux Etats-Unis (Thomas Shelby est alors à Miquelon, plaque tournante du trafic d’alcool, où il espère restructurer ses activités autour du commerce des stupéfiants) et se termine plus de deux ans plus tard, en 1936 (Thomas Shelby, retiré du monde, apprend le mariage de son némésis, le dirigeant fasciste britannique Oswald Mosley, avec Diana Mitford, en présence de Joseph Goebbels et d’Adolf Hitler).

Cet usage des repères historiques montre que Peaky Blinders n’a pas changé de cours : les convulsions du monde sont là pour servir la dramaturgie de la série, faite de dilemmes moraux exprimés en termes simples, généralement résolus dans un bain de sang. Ce qui nécessite de nombreuses approximations. Dès la première saison, Winston Churchill se voyait attribuer un poste ministériel qu’il n’occupait pas en 1919. Cette fois, il est question de cocktail Molotov, en 1935, alors que le terme est apparu au moment de la guerre entre la Finlande et la Russie, quatre ans plus tard.

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